L'UE va faire un pas de géant vers le lancement de la version numérique de l'euro

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L’UE franchira mercredi la prochaine étape cruciale vers le lancement d’une version numérique de l’euro, un projet controversé qui a été attaqué par le public, les politiciens et les banques avant même qu’il n’existe.

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De la Chine aux États-Unis, de la Jamaïque au Japon, des dizaines de banques centrales dans le monde explorent ou ont déjà mis en place des monnaies numériques, car les paiements électroniques dominent la façon dont les gens dépensent leur argent et l’utilisation des espèces diminue.

La décision de créer une version numérique de la monnaie unique a commencé en 2020 lorsque la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a suggéré l’idée et que l’organisme basé à Francfort a lancé une consultation publique.

Les partisans de l’euro numérique affirment qu’il complétera les liquidités et garantira que la BCE ne laisse pas un vide qui pourrait être comblé par des acteurs privés, généralement non européens, et d’autres banques centrales.

Les critiques remettent en question la nécessité d’un euro numérique et les banques mettent en garde contre les risques majeurs, tandis que la propre étude de la BCE a révélé que le public était préoccupé par la confidentialité des paiements.

“Si nous ne faisons que dupliquer l’infrastructure de paiement existante avec l’euro numérique, ce n’est pas une analyse de rentabilisation suffisante. Pour le moment, l’euro numérique semble être une solution à la recherche d’un problème”, a déclaré à l’AFP l’eurodéputé allemand Markus Ferber. .

La Commission européenne, le bras exécutif de l’UE, publiera mercredi une proposition qui constituera le fondement juridique sur lequel la BCE pourrait lancer un euro numérique.

La loi finale doit être soutenue par les 27 États membres de l’UE et le Parlement européen.

La BCE devrait donner son feu vert officiel à un euro numérique en octobre et on s’attend à ce qu’il soit disponible à partir de 2027.

Les avantages « l’emportent » sur les coûts

Selon un projet de proposition consulté par l’AFP, la commission a noté que “les avantages à long terme de l’euro numérique… l’emportent sur ses coûts” et a averti que “les coûts de l’inaction peuvent potentiellement être très importants”.

La monnaie serait disponible pour les particuliers vivant dans la zone euro et les visiteurs.

Lagarde a fait valoir en mars lors d’un panel que la monnaie numérique était importante pour la résilience et pour “sauvegarder l’autonomie de paiement européenne”.

De nombreux moyens de paiement ne sont “pas nécessairement européens”, a-t-elle noté, ajoutant qu’il était “très malsain de s’appuyer sur une seule source de paiement”.

Les géants américains Visa et Mastercard dominent actuellement le marché mondial des paiements par carte.

Ses commentaires sont conformes à l’accent mis par l’UE sur l’apport de la production en Europe ou plus près du bloc et sur l’abandon de la dépendance à l’égard des pays tiers.

D’autres soutiennent, cependant, que les plans de l’UE sont synonymes de problèmes, en particulier pour les banques.

La Fédération bancaire européenne (EBF) a mis en garde en mars contre le “risque important pour les banques” en raison du potentiel de ruées bancaires, car les clients pourraient détenir leurs fonds sur des comptes et des portefeuilles numériques en euros, les éloignant des bilans des banques.

Le projet de proposition comprend une disposition qui limitera le montant d’argent que les gens peuvent conserver en euros numériques – les responsables de la BCE ont suggéré un plafond de 3 000 euros (3 300 $).

La commission a également déclaré que la monnaie numérique se verrait accorder le statut de “cours légal”, ce qui signifie qu’elle doit être acceptée comme moyen de paiement.

Il y aura des exceptions, y compris pour les petites entreprises qui n’acceptent aucune forme de paiement numérique, selon le projet de proposition.

Problèmes de confidentialité

La BCE a une bataille difficile à gagner contre les Européens. Une consultation publique a montré que la priorité numéro un en ce qui concerne l’euro numérique est la vie privée.

Pour calmer les craintes des gens, la BCE a souligné qu’elle n’essaierait pas de contrôler la façon dont les gens peuvent dépenser la monnaie numérique ou l’utiliser pour la surveillance, comme le prétendent les critiques, c’est le cas en Chine.

“La BCE ne fixerait aucune limite sur où, quand et à qui les gens peuvent payer avec un euro numérique”, a déclaré Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, en janvier.

Dans le projet de texte, la commission a déclaré que l’euro numérique “sera conçu de manière à minimiser le traitement des données personnelles par les prestataires de services de paiement” et la BCE.

(AFP)

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