Vaste réforme du marché du carbone adoptée par les législateurs européens


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Le Parlement européen a adopté mardi des mesures climatiques radicales visant à réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre de l’UE, notamment l’introduction d’une taxe carbone aux frontières sur les importations.

L’étape législative cristallise un plan ambitieux de l’UE visant à réformer le marché européen du carbone en élargissant un système d’échange de droits d’émission à davantage d’industries et en abaissant les quotas de gaz polluants autorisés.

“Avec les votes d’aujourd’hui, nous franchissons une nouvelle étape”, a déclaré le chef de la Commission européenne. Ursula von der Leyen tweeté.


Elle a exhorté les États membres de l’UE à donner leur approbation finale aux lois afin qu’elles puissent entrer en vigueur.

En vertu de la nouvelle législation, les émissions de carbone de l’Union européenne seraient réduites de 62 % d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 2005 – un grand pas en avant par rapport à l’objectif précédent d’une réduction de 43 %.

L’UE, composée de 27 pays européens, est collectivement le troisième émetteur mondial de dioxyde de carbone.

Le plus grand est de loin la Chine, qui étend considérablement son parc de centrales électriques au charbon malgré son vœu d’atteindre un pic d’émissions de carbone d’ici 2030, puis de le réduire à zéro net d’ici 2060.

Viennent ensuite les États-Unis, historiquement le plus gros émetteur de gaz carbonique, qui ont pour stratégie à long terme d’atteindre le zéro net d’ici 2050.

Le président américain Joe Biden a présenté une loi sur la réduction de l’inflation de 370 milliards de dollars fournissant d’importantes subventions à l’industrie américaine pour stimuler la poussée vers une Amérique plus verte.

Bruxelles prépare une législation européenne distincte pour stimuler la compétitivité industrielle européenne face aux subventions américaines et aux investissements chinois colossaux dans le secteur des énergies renouvelables.

“Ajustement” sur les importations

L’UE a été pionnière dans la transition vers des politiques énergétiques et industrielles plus respectueuses de l’environnement, plaçant ses émissions de gaz à effet de serre sur une trajectoire descendante au cours des trois dernières décennies.

Mais dernièrement, il a rencontré des vents contraires, en particulier à cause de la hausse des coûts de l’énergie résultant de la guerre de la Russie en Ukraine et d’une inflation inconfortablement élevée.

Tout en restant déterminé à poursuivre sa transition verte, il prélèvera la taxe carbone sur les importations pour s’assurer que ses industries ne sont pas sapées par des entreprises extérieures au bloc qui ne font pas face aux mêmes coûts.

Techniquement appelée un “ajustement”, et non une taxe, cette mesure oblige les importateurs dans l’UE dont les produits dépassent les normes carbone du bloc à acheter un “certificat d’émission”.

Initialement orientés vers les secteurs les plus polluants – producteurs d’acier, d’aluminium, de ciment, d’engrais et d’électricité – les députés ont également ajouté des fournisseurs d’hydrogène, et Bruxelles envisage d’étendre la liste aux fabricants de produits chimiques organiques et de polymères.

L’argent récolté, jusqu’à 14 milliards d’euros par an, alimentera le budget de l’UE.

La taxe carbone doit démarrer sous forme pilote en octobre de cette année avant d’être élargie entre 2026 et 2034 à mesure que les quotas d’émission pour les industriels européens sont progressivement supprimés.

(AFP)



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